28e Festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire

Faut-il aimer les plantes ? Être jardinier confirmé ? Être amateur de botanique… pour aimer le Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire ? Bien évidemment, non !
Il faut juste avoir envie de se laisser surprendre, charmer, désarçonner par les interprétations artistiques d’un thème donné chaque année aux équipes internationales de jardiniers et architectes qui investissent les 25 parcelles offertes à leur imagination… Et pour cette dernière, aucun n’en manque
!
Profusion de couleurs, richesse de matières, multiplication de symboles, même en cinq heures, on n’a pas le temps de tout voir… C’est tant mieux ! Cela donnera l’occasion de revenir… Et, on en redemandera encore. Cela vaut tellement le déplacement !

C’était un petit jardin…

Il y a tant d’œuvres d’art à découvrir, au cœur de ce domaine dont le château remonte au XVe siècle. Le programme qui vous attend est riche de près de 100 installations : 53 réparties dans les dépendances et le Parc du Château et 40 entre le Jardin du festival et le Pré du Goualoup.

3 parcs pour 3 balades originales

  • J’ai visité les trois parcs dans l’ordre dans lequel je vous les présente. Après avoir lu tous mes bons conseils, vous aurez ainsi marché près de 8 km !

Le parc historique à l’entrée du Château

Entouré d’arbres s’élevant à 20 mètres de haut, le parc s’étend à perte de vue. Votre regard ne peut que s’élever devant les cèdres majestueux. On les a laissé prendre leur aise et s’épanouir sur des envergures étonnantes. Les racines et les branches se confondent souvent. On se promène ainsi les yeux écarquillés et l’imagination aux aguets.
Et puis, ici et là, dispersés à leurs pieds ou accrocher à leurs branches, seize œuvres titillent vos sens vous donnant l’envie de toucher, sentir ou voir de plus près. Et surtout, celles-ci vous mettent en appétit pour la suite du programme.

my&.com retiendra : Le ponton et les cabanes dans les arbres de Tadashi Kawamata (parce que j’adore son travail, depuis une visite à Beaubourg) – Les trois barques de El Anatsui qui donne avec son art brut, une puissance à 3 barques à la verticale, hommage à la vallée de la Loire et à ceux qui l’ont « faite » – La poésie de l’œuvre Patrick Dougherty, à mi-chemin entre château de brindilles et nids géants…

Le Parc du 28e Festival

Cette année, place à « Jardins de paradis »… Thème prometteur, s’il en est ! Mais est-ce la promesse d’un éden, d’un paradis naturel, d’un paradis artificiel ? Comment évoquer chaque concept en seulement quelques mètres carrés?

Ce parc cache donc en son sein, plus de 25 parcelles dédiées à l’univers de chacun des concepteurs de ces espaces. Organisé comme une nervure de feuille, on choisit de commencer par les jardins à gauche. On ne suit donc pas l’ordre numérique et l’on débute ainsi par Les Portes du paradis – logique ! – On passe ensuite de jardin en jardin. 25 paradis ? Défi relevé ! C’est enchanteur !

my&.com retiendra : Elixir floral (4) avec ses bouquets de jolies fleurs peintes sur verre au dessus d’un petit bassin dans lequel elles se reflètent – Mirage et son très joli camaïeu de couleurs tout en nuances et qui rappelle l’organisation florale des tapis Persan – Les étonnantes brouettes autonomes d’Au paradis des jardiniers (5) – Le chant des crapauds qui ont élus domicile dans la marre d‘Agapé (1). On nous parle ici d’amour et l’on espère juste que ceux-ci se transforment, après bisou, en princes charmants ! – Le très mignon Paradis de la pie (12) nous rappelle le travail du tressage d’osier pratiqué à titre personnel lors d’un chantier participatif – Le très aérien ciel de plumes de Voguer, voler, flotter (8).

Les coups de cœur de my&.com : le très reposant Jardin qui chante (7), pas seulement pour ces gros poufs dans lesquels on peut se poser, mais surtout pour ces enivrants chants d’oiseaux que l’on imagine nichés, cachés dans ces petites maisons d’osier tressé suspendues tout autour de la parcelle… Un jardin plein d’harmonie, dans lequel on oublie de continuer sa visite – Le très ludique et enfantin Tous les strelitzias vont au paradis, qui développe l’idée du ciel bleu et de ces gros nuages, comme on les représente dans nos premiers dessins d’écoliers (9) – L’étonnant et ironique, le tout en mauve (couleur de l’année 2019 ? à Chaumont oui !) Jardin de paradis #paradiséternel qui a trouvé la solution pour rendre le jardin éternellement coloré mais pas vraiment biodégradable ! (22)

Le parc annuel, le pré du Goualoup

Et oui, un petit dernier pour la route ! Et même si on a mal aux pieds – c’est une certitude ! – cela vaut le coup de se laisser porter par l’envie de trouver une petite perle rare cachée dans un bosquet. Nous voilà dans un parc aux surprises à dénicher un peu partout !

my&.com retiendra : bien sûr, évidemment, le magique Cloud installation de Fujiko Nakaya. // Le puissant, intense, incroyablement ancré à la terre Carbon Pool de Chris Drury. // La poétique présence d’un visiteur assis sous le cerisier du Jardin japonais.

Le coup de coeur de my&.com: Le jardin coréen, tellement mignon avec une collection d’azalées étonnantes de délicatesse et de légèreté. La profusion laisse une impression de cocon tout doux. On en vient à se dire que même les abeilles, bourdons qui sont pléthore ici, ne nous attaqueront pas, tellement il y a à butiner tout autour de nous.

Saison d’art

Et puis, quand il y en a plus, il y en a encore ! Cette fois-ci, c’est dans la programmation de « Saison d’art ». Juste quand vous avez envie de dire stop, vous portez attention aux quelques œuvres aperçues au loin à votre arrivée. Vous retombez donc sur des propositions épatantes qui montrent toute la puissance de l’ouvrage d’art, le travail du bois ou du métal. Et vous êtes, là encore, sous le charme pensant qu’il y aura sans doute un prochain voyage à programmer…

Les coups de coeurs de my&.com : les deux boules, deux œuvres distinctes, deux matières différentes, mais qui se répondent de façon tellement évidente. La majestueuse sphère de Klaus Pinter En plein midi (sous l’auvent des écuries) que l’on imagine presque roulant et emportant tout sur son chemin entrant en résonance avec sa cousine de bois piquante de rondeur Géométrie discursive de Vincent Mauger. Que c’est beau !


Infos pratiques de my&.com

  • Château de Chaumont-sur-Loire : suivre les flèches depuis la sortie d’Autoroute de Blois. Si vous vous garez au centre de Chaumont, vous arrivez sur le Parc historique du Château, si vous vous garez sur les hauteurs, vous arrivez sur le Parc du festival, par les dépendances.
  • Tarif Adulte : 18 euros
  • Durée de la visite : 5 heures (sans la visite du château) pour les trois parcs arborés
  • Jolie boutique dans une serre
  • Bonnes glaces et sorbets aux goûts originaux et raccords avec les lieux. On vous les laisse découvrir.
  • Le site du festival : www.domaine-chaumont.fr

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